Programme Musiques SEPT > DEC 2018

A feuilleter par ICI!

EDITO

C’est la rentrée, il paraît…
L’heure de prendre le chemin du boulot pour les uns, de l’école pour les autres, fini le farniente en Italie ou le trek dans les Carpates, il est temps de rentrer au bercail. Certains ont de la « chance », ils ont pris le chemin inverse, le bercail, il le quitte, et même qu’ils ont fait du bateau et beaucoup de randonnées cet été, quand ils ne sont pas restés enfermés dans leur bateau…

Nous vivons dans un monde où les frontières sont lunatiques, tantôt ouvertes tantôt fermées, tantôt accueillantes tantôt virulentes… Les humains sont classés, avec le bon… ou le mauvais passeport. Les français/européens parcourent le monde pour le travail et les loisirs, les français pourtant n’accueillent pas ceux qui se cognent sur cette paroi de verre qui enserre le pays.

La frontière est étymologiquement un lieu de rencontre, un endroit de friction, de mouvement, d’échange et de reconnaissance des spécificités de chacun. Maintenant, la frontière est invisible, mais elle commence à avoir l’odeur désagréable de la déshumanisation. Ce qui ne se voit pas, n’existerait pas ? Loin des Yeux, loin du coeur.
Il est temps de remettre le sens sur les mots, le sens sur la vie. « Migrant » ne dit ni l’altérité ni la solidarité qu’insinue « réfugié », encore moins l’obligation morale d’aider et d’assister. Ainsi mal désigner, c’est déchirer la Déclaration universelle des droits de l’Homme, mettre à distance la dignité humaine.

Qu’attendons-nous dans le confort de nos vies individuelles, nos vies trop occupées à rembourser des crédits, nos vies passer à lustrer nos chaînes plutôt qu’à reconnaître la liberté de ceux qui sont prêt à perdre la vie pour sauver leur peau ?

Cessons de nous sentir seul et impuissant, chaque action individuelle peut gagner en puissance en rencontrant la force du collectif. Associations d’éducations populaires ou de solidarité oeuvrent chaque jour à la rencontre des individus, des territoires en vue de lendemains meilleurs qui reconnaîtraient la dignité de chaque être humain dans le respect des droits culturels.

L’amnésie a encore frappé alors, sortons de l’isolement et agissons ensemble pour que la suite de l’histoire ne frappe pas à son tour.

Laëticia Ponsat, Présidente
Stéphane Soler, Directeur

Association A.V.E.C : Animation Vauclusienne Éducative et Culturelle